16 juin 2026

SPÉCIFICITÉS CATÉGORIELLES

Une rentrée féérique

Une rentrée féérique

Il était une fois … un rectorat situé dans une forêt.
Dans ce rectorat, toutes les secrétaires étaient heureuxses et se rendaient le pas léger sur le chemin de la Houssinière. Ils et elles savaient que leur journée serait emplie de joie et de bonheur car grâce à ils et elles, des collègues vacataires, maîtres auxiliaires, contractuelles et finalement non-titulaires allaient pouvoir se rendre dans des classes, partager avec nos chères petites têtes blondes (brunes, rousses, blanches et chauves) le savoir et ainsi les voir grandir et devenir des citoyennes.

Les collègues, elles et eux, savaient que, si les premières années étaient compliquées, avec temps incomplet, postes partagés, remplacement de quelques semaines ou mois, collèges et lycées (voire LP), ce ne serait que pour leurs débuts. Car il fallait tester leur capacité de résilience, il fallait prioriser celleux arrivé ?es avant.

Et tout le monde comprenait et acceptait cette situation.

Mais ça … c’était avant !

Avant que le ministère et donc le rectorat ne mettent la pression sur les secrétaires pour que les affectations soient réalisées le plus rapidement possible. Quoi qu’il en coûte comme dirait l’autre !

Avant que les concours ne se vident de leurs candidat ?es.

Avant que le nombre de collègues n’augmente de façon exponentielle, sans mise en adéquation des moyens humains dans le château du rectorat.

Avant que les politiques, par ego, ne lancent chaque année leur réforme, à leur nom, pour marquer de leur empreinte ce ministère si noble.}

Années après années, sur le terrain, toutes les collègues constatent que les affectations se détériorent, que le bon sens et les principes qui régissaient ce monde s’étiole à chaque rentrée, laissant place à l’individualisme et au chacun ?e pour soi.
Qui n’a jamais croisé une collègue prête à tout (et surtout au pire) pour être dans les petits papiers de la direction, pensant naïvement que cela lui permettrait de rester sur le temps plein dans un établissement proche de son domicile ? (« Mais si, le chef m’a assuré que … »)
Qui n’a jamais croisé une collègue n’ayant pas ou peu d’expérience être affectée à l’année et à temps plein alors qu’avec de l’ancienneté, nous nous retrouvons un ?e autre se retrouve loin, à temps incomplet.

Mais si vous pensiez que le passé était noir … ce n’était que le début !
Bienvenue à la rentrée 2026-2027 !

1) Fin de la réforme des groupes de niveaux.
Déjà cette année, les besoins en lettres et mathématiques étaient moins importants, mais, avec la fin officielle de la réforme Attal et des moyens qui lui étaient alloués, nombre de collègues dans ces disciplines pourraient ne rien avoir avant de long mois.

2) Réforme du concours.
Si les stagiaires issues du concours Master seront à temps plein ou à mi-temps, quid des lauréates des concours L3 ?
Combien de L3 (qui doivent aller à l’ESPE) ? De M1, M2, L3 ex NT qui ils et elles deviendront stagiaires … mi-temps ? Temps plein ? Et sur quel support ? Aucune réponse à ces questions à l’heure ou nous écrivons ces lignes.
La seule certitude : le rectorat de Nantes aura a priori la liste complète et définitive des personnels à affecter le 15 juillet au plus tard. Charge ensuite à lui de trouver des supports … autant de BMP qui ne pourront donc être proposés aux non-titulaires.

3) Le congé de naissance.
Ce nouveau droit dont vous pouvez vous aussi bénéficier (selon les modalités expliquées ici) laisse présager qu’un nombre plus ou moins important que des titulaires s’en emparent, laissant ainsi leurs classes jusqu’en novembre. Mais le rectorat pourra-t-il nous affecter pour 7 semaines ?

4) Le plafond d’emploi
Cela fait plusieurs années qu’en novembre/décembre, le rectorat ne peut plus réaliser d’affectations sans « autorisation hiérarchique ». Comprenez ici qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses et qu’il faut faire un choix. Une enseignante d’Arts Plastiques qui a des 6e et des 5e ou une enseignante d’Histoire qui a des 1re et terminales ? Eh oui, l’enveloppe est vide. Ce sera quand pour 2026 ? Car certaines académies sont déjà dans l’optique de faire des économies … au mois de mai !

Bref, vous l’aurez compris, alors que nous constatons qu’année après année, les rentrées des non-titulaires sont de plus en plus compliquées, il semblerait que nous soyons en passe d’atteindre un nouveau degré dans la difficulté à la rentrée 2026.

Nous pouvons donc imaginer :
 des affectations très tardives, pas ou peu en juillet et tout en août/septembre.
 un nombre de collègues important sans proposition avant la fin septembre, voire pendant plusieurs mois, en fonction des disciplines et du territoire.

Face à cette situation, le SNES-FSU est d’ores et déjà mobilisé et le sera tout au long de l’été.
Nous exigeons :
 le respect du barème de tous les personnels.
 le respect des vœux, dans la mesure du possible.
 des contrats à l’année dans les disciplines et les territoires en tension, voire pluriannuels comme dans certaines disciplines professionnelles.
 une communication claire et régulière entre le rectorat et les organisations syndicales pour faire le point sur l’avancement des affectations.
 proposer au maximum des temps complets, les postes partagés étant principalement proposés à même si en poste partagé pour celleux qui le demandent.