18 novembre 2020

STAGIAIRES

Stagiaire : 12 erreurs et approximations entendues l’an dernier à l’information rectorale sur les mutations

Attention, méfiance ! Dans les salles des prof-fes, mais aussi dans la bouche de certain-es formateurs-trices, chef-fes d’établissement, IPR, et même de certain-es gestionnaires du rectorat, on entend beaucoup de choses sur les mutations. Même (surtout ?) lorsqu’elles sont affirmées sur un ton péremptoire, il faut s’en méfier, car il s’agit souvent d’approximations (qui confinent parfois à la légende urbaine), pouvant conduire à des erreurs stratégiques importantes et donc à des catastrophes en terme d’affectation.

Voici les 12 plus grosses, quoique récurrentes, approximations et erreurs entendues l’an dernier à la réunion rectorale sur les mutations, la même que celle à laquelle vous êtes toutes et tous convié-es le 20 novembre prochain. Ces réunions ne sont pas obligatoire. Attention à ne pas prendre pour argent comptant tout ce que l’on y entend...

1. « 29,4 % des stagiaires seulement ont été maintenus dans l’académie en 2018. C’est très inférieur à d’habitude. On n’a pas trop d’explications. »

Il y en a pourtant. Les principes du mouvement sont assez basiques finalement : chaque académie a une capacité d’accueil (liée aux besoins d’enseignant-es), calibrée chaque année par l’administration elle-même (mais non communiquée). Tous les demandeurs-euses obligatoires (comme vous : il faut vous trouver un poste) et facultatifs-ves (ceux qui ont déjà un poste mais veulent changer d’académie) qui font le vœu d’une académie donnée sont classé-es selon leur barème (et pas le rang de leur vœu). Rentrent donc les plus forts barèmes (exceptés ceux qui ont obtenu une autre académie sur un meilleur rang de vœu), jusqu’à ce que la capacité d’accueil de l’académie soit épuisée. Donc, si moins de stagiaires ont été maintenu-es en 2018 dans l’académie que d’autres années, cela s’explique par le rapport « nombre de demandeurs / capacités d’accueil ». Le « mauvais » taux de maintien en 2018 n’est pas l’indicateur qu’il en sera de même cette année car vous l’aurez compris : ce taux est imprévisible car il dépend de données que seule l’administration connaît (les capacités d’accueil) et d’autres données que personne ne connaît à ce stade (le nombre de demandeurs-euses qui demandent à entrer dans l’académie de Nantes).

2. « Une barre, c’est le barème minimum qu’il faut avoir pour entrer dans une académie. »

C’est absolument faux : une barre est le barème du-de la dernier-ère entrant-e dans une académie donnée, une année T. Les barres ne sont pas définies a priori, elles sont une sorte de « photo » d’un mouvement donnée une fois que les opérations sont finies. Elles sont le fruit du rapport décrit ci-dessus, dans l’encadré n°1. C’est pourquoi il faut se méfier des barres, et d’autant plus que depuis l’an dernier, beaucoup d’éléments de barème ont changé par rapport aux années précédentes : quand vous comparez votre barème de cette année avec les barres des années passées, gardez en tête que les barèmes n’étaient pas calculés tout-à-fait de la même manière...

3. « N’hésitez pas à faire appel à la plateforme ministérielle en cas de questions. »

Le ministère sous-traite le conseil auprès d’une entreprise privée ne comprenant rien aux mutations des enseignant-es. Chaque année, des stagiaires nous rapportent les mauvais conseils et fausses certitudes qui sont donnés. De manière générale, nos militant-es et commissaires paritaires se tiennent à votre disposition pour vous conseiller. Sollicitez-nous : notre expertise est grande, nous sommes nombreux-euses car majoritaires, ce qui nous donne donc les moyens de vous conseiller de manière fiable, et de suivre étroitement votre dossier.

4. « Les stagiaires ayant eu un congé maternité pendant l’année de stage et qui sont évaluée positivement seront prolongées sur le poste obtenu au mouvement. »

Cela, c’est dans un monde idéal : dans la réalité, les dossiers des stagiaires qui ont pu suivre l’essentiel de la formation et ont pu être évaluées par l’IPR, le chef d’établissement et l’ESPE le cas échéant, ne sont pas même étudiés par le jury de juin. Autrement dit, dans l’académie de Nantes et contrairement aux directives ministérielles pourtant inscrites au BO, la pratique est automatisée ainsi : congé maternité = prolongation dans l’académie sur un nouveau poste de stagiaire. Pour le moment, les interventions que nous avons faites sur le sujet sont restées sans effet, car les stagiaires concernées nous saisissent une fois que le mal est fait, c’est-à-dire une fois qu’elles n’ont pas été évaluées par le jury.)
Donc, si vous avez un congé maternité cette année, mais que vous pensez que ce congé n’empêche pas votre évaluation, contactez-nous dès maintenant !]

5. « Les 150, 165 et 180 points pour les ex-contractuels dépendent du reclassement : si on a été reclassé, on bénéficie de ces points. Si on n’a pas été reclassé, on ne les a pas. »

[(Non, les conditions pour être reclassé-e ne sont pas les mêmes que pour bénéficier des 150, 165 et 180 points d’ex-contractuels. Autrement dit, on peut être reclassé-e, mais ne pas bénéficier de ces points, et inversement. Pour bénéficier de ces points, il faut avoir travaillé comme contractuel-le enseignant (dont Documentaliste), ou CPE, ou comme MA, MI-SE, AED, pendant l’équivalent d’une année scolaire à temps plein, sur les deux années précédant l’année de stage.

6. « Il y a 10 points d’ancienneté pour les stagiaires en renouvellement ».

Non, les 10 points d’ancienneté comptent pour les seuls stagiaires en prolongation de stage titularisé-e dans ce cours de cette année scolaire, et a fortiori rétroactivement au 1er septembre 2019. On peut aussi bénéficier des points d’ancienneté en tant que stagiaire ex-titulaire d’un autre corps (dans ce cas, l’ancienneté sur la poste dans la dernière affectation définitive avant nomination en tant que fonctionnaire stagiaire s’ajoute à l’année de stage).

7. « Les 10 points stagiaires ne marchent pas quand on est stagiaire à Nantes. »

C’est encore inexact. On peut les jouer à l’inter quelle que soit l’académie dans laquelle on effectue son stage. C’est à l’intra qu’on peut être mis dans la situation de ne pas pouvoir les jouer, car, dans certaines académies, le recteur a décidé de ne pas les comptabiliser, ou de les comptabiliser différemment. Voir ci-dessous dans la partie relatives aux mutations.

8. « Quand les conjoints des demandeurs sont stagiaires, les rapprochements de conjoint ne sont pas possibles. »

Ce n’est pas vrai dans tous les cas : si l’un des deux conjoints est stagiaire de l’Etat ou d’une collectivité territoriale garanti-e de rester dans son académie de stage (comme les stagiaires du premier degré par exemple, ou stagiaire ex-titulaire enseignant ou CPE du 2nd degré), le rapprochement de conjoint fonctionne.

9. « Le rapprochement de conjoint peut être valable sur la résidence professionnelle ou sur la résidence privée du conjoint. »

En réalité, le rapprochement de conjoint est basé sur la localisation de la résidence professionnelle du conjoint. Demander à le baser sur sa résidence privée relève de l’appréciation de l’administration. Il faut donc démontrer que cette résidence privée est compatible avec la résidence professionnelle, ce qui n’est pas toujours facile, ni accepté par l’administration. Il faut donc joindre toutes les pièces qui attestent de cette compatibilité. En cas de doute, posez-nous la question.)
D’autre part, la nouvelle note de service précise que dans le cas d’un rapprochement de conjoint demandé sur la résidence privée, c’est le département où se situe la résidence privée qui se substituera au département d’exercice professionnel du conjoint et sera pris en compte pour le calcul des points y compris de séparation. Autrement dit, on ne pourra plus demander un rapprochement sur la résidence privée, et dans le même temps, se prévaloir d’années de séparation au motif que son-sa conjoint-e travaille dans un département différent du nôtre, si le département de résidence privée sur lesquel on a demandé le RC est dans le même département que celui de son exercice professionnel.]

10. « Si le conjoint est intérimaire ou intermittent du spectacle, le rapprochement de conjoint ne fonctionne pas. »

[(Les élu-es du SNES intervenaient chaque année en commission pour faire reconnaître ces situations. Comme les commissions ont disparu, il va falloir batailler pendant les quinze jours où l’administration va vous autoriser à vérifier vos vœux et barèmes. N’hésitez pas à nous solliciter pour bénéficier de notre expertise et de notre suivi.

11. « le conjoint est en congé parental, le rapprochement de conjoint ne fonctionne pas. »

C’est tout simplement faux ! Le rapprochement de conjoint ne fonctionne pas si (et seulement si) votre conjoint est sans activité professionnelle (retraité-e, étudiant-e, sauf si engagé-e dans un cursus de trois années dans un organisme de formation recrutant uniquement sur concours). C’est pour le calcul des années dites de « séparation » que le congé parental a un impact : si vous êtes en congé parental, mais « séparé-e » de votre conjoint (c’est-à-dire affecté-e dans un département différent de la résidence professionnelle de votre conjoint), l’année de séparation compte pour moitié, soit 95 points au lieu de 190 la 1re année, 190 au lieu de 325 la 2e, et ainsi de suite.

12. « Il faut utiliser le maximum de vœux en fonction de votre situation personnelle afin d’éviter l’extension de vos vœux. »

Cette logique ne s’applique pas à celles et ceux d’entre vous ayant une situation familiale à faire valoir. En faisant comme le rectorat le conseille, vous verrez que sur certaines académies, votre barème sera plus faible car il ne comportera pas les points liés à votre situation familiale. En faisant comme le rectorat le conseille, vous faites donc baisser votre barème d’extension (c’est le plus petit de tous vos vœux qui est retenu). Alors que si vous vous limitez à l’académie de rapprochement de conjoint et aux académies limitrophes demandées dans l’ordre qui vous convient le mieux, vous risquez (mais c’est tout relatif selon les disciplines et les années) de partir en extension, mais au moins, vous partez en extension avec un fort barème, qui peut faire une grosse différence, car les points liés à la situation familiale sont conservés dans ce cas... Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter.