Non, ce ne sont pas « de simples plaisanteries ». Non, ce n’est pas de la « dragouille », du « jeu » ou de la séduction maladroite. Les violences sexistes et sexuelles (VSS) ne s’arrêtent pas à la porte des établissements scolaires. Dans les collèges, lycées et services, ces comportements dégradent le quotidien des personnels, portent atteinte à leur dignité et peuvent avoir des répercussions graves sur leur santé physique, psychologique et sur le déroulement de leur carrière.
Le sexisme n’est pas une question d’appréciation personnelle : des lois existent et interdisent fermement ces agissements.
Contrairement aux propos qui visent a minimiser ou banaliser ces situations, le cadre légal fixe des interdictions strictes afin de protéger et sécuriser les lieux de travail :
- Agissements sexistes (Art. L. 1142-2-1 du Code du travail & Art. L. 131-3 du Code général de la fonction publique) : « Nul ne doit subir d’agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. »
- Outrage sexiste et sexuel (Art. 222-33-1-1 du Code pénal) : Imposer a une personne tout propos ou comportement a connotation sexuelle ou sexiste qui porte atteinte à sa dignité ou crée une situation intimidante, hostile ou offensante est puni par la loi. La peine est aggravée si l’auteur abuse de son autorité hiérarchique.
- Harcèlement sexuel (Art. 222-33 du Code pénal) : Le fait d’imposer de façon répétée des propos ou comportements a connotation sexuelle ou sexiste - ou toute pression grave exercée dans le but d’obtenir un acte sexuel - constitue un délit passible de 2 a 3 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros à 45 000 euros d’amende.
Les enquêtes et rapports ministériels (DEPP, SIVIS, MIPROF, DARES) traduisent l’ampleur des violences subies par les personnels de l’Éducation Nationale :
- 95 % des personnels victimes de violences sexistes et sexuelles dans les établissements du premier et du second degré sont des femmes.
- Au moins 1 femme sur 3 déclare avoir été confrontée a au moins une situation de harcèlement ou de violence sexiste et sexuelle au cours de sa carrière professionnelle.
- Dans les établissements scolaires, les hommes représentent 64 % des auteurs d’agressions sexuelles au 1er degré et 88 % au 2d degré.
- 9 victimes sur 10 d’agressions sexuelles ne signalent pas immédiatement les faits à leur hiérarchie, freinées par la peur des répercussions, le manque d’écoute ou la crainte de ne pas être prises au sérieux.
Le Violentomètre de la FSU : un outil indispensable à télécharger et diffuser
Pour ne plus laisser passer l’inacceptable, sortir du déni et aider chacune et chacun à évaluer la toxicité ou la gravité d’une situation, la FSU a élabore un Violentomètre des violences sexistes et sexuelles au travail.
Cet outil gradué permet de poser des mots précis sur des situations vécues et d’identifier clairement quand une limite est franchie (du cadre sain au danger immédiat en passant par les signaux d’alerte).
Ne restez pas isolée, faites respecter vos droits !

