Titularisation des stagiaires - Le rectorat de Nantes se distingue toujours par un nombre élevé de stagiaires non-titularisé-es

Le 7 juillet dernier, nos élu-e-s siégeaient en CAPA, pour examiner les propositions de titularisation ou de renouvellement de stage des certifié-es stagiaires nommé-es par liste d'aptitude, des stagiaires concours exempté-es de l'EQP, et des contractuel-les BOE.

A cette occasion, nous demandons chaque année, car le rectorat de Nantes se refuse à ce que la CAPA des certifié-es examine chaque situation, comme cela est pourtant le cas pour les agrégé-es, qu'une information statistique nous soit donnée au sujet des autres stagiaires : 62 d'entre eux ont été convoqués à un entretien (ils étaient 83 l'an passé, mais il y avait plus de stagiaires dans l'académie). 14 seront titularisés (18 en 2016), 31 seront renouvelés (35 en 2016), et 17 seront licenciés (30 en 2016) : 10 après deux années de stage (19 en 2016), et 7 après un an seulement (11 en 2016).

C'est de nouveau en maths (18) et en lettres modernes (11), mais aussi en anglais (10) qu'il y a eu, et de loin, le plus grand nombre de stagiaires convoqués. Parmi les 7 stagiaires licencié-es dès la 1ère année, 3 étaient en lettres modernes, 2 en maths, 1 en anglais, et 1 en allemand.

Depuis plusieurs années, le SNES et la FSU tentent d'alerter sur la question de la titularisation des stagiaires, en particulier dans notre académie. Le nombre de stagiaires inquiets du sort qui leur sera réservé nous paraît chaque année important, ce sentiment étant confirmé par le nombre de stagiaires convoqué-es à un entretien qui nous sollicitent.

Dans le rapport du 24 mai 2016 publié à la suite de la Journée des ESPE, le ministère a publié les chiffres nationaux et académiques relatifs aux stagiaires non-titularisés : l'académie de Nantes est l'une des académies où la part de stagiaires non titularisés est la plus importante (en 2015, 14,77 % des stagiaires n'ont pas été titularisés : sur 765 stagiaires, 64 ont été placés en renouvellement, 15 stagiaires ont été licenciés (le double cette année), 30 ont été placés en prolongation et 4 placés en prolongation pour absence de master). Dans ce même rapport, le ministère constate par ailleurs, au niveau national, que « Les licenciements prononcés au bout de la première année sont désormais majoritaires. » En effet, le rapport entre les licenciements prononcés au bout d'un an et ceux qui le sont au bout de deux ans s'inverse de manière continue depuis 2012 : alors qu'en 2012, 33 % des licenciements avaient lieu au bout d'un an et 67 % au bout de deux ans, en 2015, ce rapport était respectivement passé à 57 % et 43 %.

Pour nous, les difficultés rencontrées par les stagiaires pendant leur année de stage peuvent s'expliquer de bien des façons : conditions de stage elles-mêmes, charge de travail, injonctions multiples et parfois contradictoires entre les acteurs de la formation...

Tout le monde s'accorde maintenant à dire que les métiers d'enseignant et de CPE sont des métiers qui s'apprennent et, ajouterons-nous, dans la durée. L'année de stage est certes une année cruciale, mais elle n'est pas la seule occasion de formation pour une entrée dans des métiers qui connaissent, depuis quelques années, une complexification continue.

Dans ce contexte, le SNES-FSU demande que soient prises des mesures exceptionnelles, à la hauteur des enjeux. C'est la raison pour laquelle nous pensons notamment que la plus grande bienveillance doit s'exercer dans l'immédiat à l'égard de nos collègues stagiaires. Pour nous, le couperet de la non titularisation, surtout avec la crise de recrutement qui perdure, n'est pas la bonne réponse aux difficultés constatées qui, pour la plupart, n'ont pas le caractère rédhibitoire qu'on leur prête. La formation continue est l'outil qui permettra durablement de les résoudre. Elle doit être développée pour tous les néo-recrutés, notamment pendant les premières années en tant que titulaires.