Les profs d'allemand créent un collectif (suite)

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Le collectif, soutenu et accompagné par le SNES-FSU, devant les grilles. Ambiance joyeuse mais déterminée, avec banderoles et drapeaux des collègues et parents venus soutenir la délégation reçue.

Mercredi 27 mai 2015

Ce qui nous paraît le plus grave et scandaleux dans la réforme du collège que la ministre veut nous imposer, c’est le dévoiement observé d’objectifs largement partagés comme l’introduction d’une plus grande précocité dans l’apprentissage des langues, devenue prétexte à suppression de dispositifs qui ont pu permettre, a minima, de maintenir une offre diversifiée d'enseignements linguistiques. Les « éléments de langage » ministériels récemment utilisés à destination des médias ne trompent plus tous ceux qui veulent bien analyser le contenu et les implications réelles de sa réforme. Dans le domaine des langues, comme dans les autres d'ailleurs, le renforcement de l’autonomie des établissements introduit par cette réforme, combiné à l’assouplissement de la carte scolaire, dont nous demandons qu’elle soit repensée, et à l’importance de l’enseignement privé, aura pour effet de spécialiser les collèges, de mettre en concurrence les disciplines et surtout les établissements, ce qui accentuera la ségrégation sociale et accroîtra les inégalités.

C'est ce qui se profile en particulier pour l'enseignement de l'allemand, eu égard au désengagement constaté de l’État du contrôle réel de la carte des options, qui devrait rester guidée par des objectifs de mixité sociale et scolaire sur tout le territoire académique. Le maintien, partout, de l’offre diversifiée de formation, que nous revendiquons – et cela vaut au premier chef pour les langues vivantes – doit être, à l'opposé de la politique de saupoudrage actuel, un levier fort pour éviter les ségrégations inter et intra établissements.

La délégation du collectif des professeurs d'allemand de l'Académie et le SNES-FSU sont donc allés interpeller le rectorat, ce mercredi 27 mai, sur sa politique linguistique à la rentrée 2016, date prévue pour l'entrée en vigueur de la réforme du collège, ainsi que sur le maintien des postes de professeurs d'allemand dans l'académie, très grande source d'inquiétude parmi nos collègues. Cette inquiétude (et révolte), face à une réforme qu'ils rejettent massivement, est liée au fait que, sans inflexion significative d'ici là, elle portera mécaniquement une nouvelle atteinte à leurs conditions d'exercice déjà souvent dégradées par les compléments de service, en ayant des conséquences graves sur les effectifs d'élèves germanistes. Un rassemblement d'une cinquantaine de collègues et parents d'élèves est venu soutenir, devant le rectorat, la délégation reçue par Bernard Leroux, Délégué Académique à l'Action Educative et à la Pédagogie (DAEP), et Danielle De Backer, IA-IPR d’allemand.

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