Combattre le formatage !

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La ministre fait la sourde oreille, après l'importante manifestation nationale du 10 octobre et, dans toutes les académies, l'appareil de formatage est en oeuvre, tentant ici de recourir au "volontariat" et de rechercher ainsi ses futurs "formateurs de formateurs", là de s'imposer par des convocations autoritaires. Comment y résister tout en poursuivant la mobilisation pour le retrait des textes réglementaires de la réforme du collège avant leur application en septembre 2016 ?

Nous devons combattre l’idéologie d’une réforme passée en force dont nous savons qu’elle mettra à mal, dès la rentrée 2016, l’égalité de traitement des élèves, des établissements, des équipes, comme les conditions de travail des enseignants, et qu’elle implique des économies de moyens inavouées. C’est possible, mais il s’agit pour nous d’opter préférentiellement pour des modes de résistance collective à l’imposition du formatage que les recteurs et les hiérarchies intermédiaires sont chargés de mettre en musique. Loin d’être exclusifs les uns des autres, ils contribueront efficacement à nous faire gagner ce combat.

1- LE REFUS COLLECTIF DE PARTICIPATION AUX STAGES

D'ores et déjà, l'Intersyndicale du second degré (SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, SNETAA-FO, SFSDPEP-FO, CGT Educ’action, SNEIP-CGT, SNALC-FGAF, SIES-FAEN, SNCL-FAEN, CNGA et A&D CFE-CGC, SNUEP-FSU, SUNDEP Solidaires), dans un communiqué du 14 octobre 2015 "appelle les collègues à organiser le refus collectif de s’impliquer dans les formations-formatages proposées pendant les congés d’automne comme à la rentrée, à refuser toute anticipation de la réforme, à développer toutes les initiatives locales propres à bloquer sa mise en place. Pour cela, elles appellent les personnels à se réunir en assemblées générales, et à débattre de l’action, incluant la grève. Des préavis de grève quotidiens seront déposés dès la rentrée des congés."

Là où la mobilisation est forte, le recours à la grève est donc possible dès maintenant pour contrecarrer toute tentative d'imposition de stage aux personnels des établissements.

Informer les collègues que le refus individuel et isolé pourrait déjà, de toute façon, les exposer au retrait d’un trentième de salaire pour service non fait, comme lors d’une journée de grève, s'ils ont reçu un « ordre de mission » ou un ordre s'en approchant, mais également à des mesures de rétorsion sur la notation, ou encore à une sanction disciplinaire. Car, dans ce cas, il y a manquement sans justification à une obligation statutaire.

Voir Notre article sur la formation continue

La grève n'expose donc , quant à elle, qu'à la retenue sur traitement.

Le SNES-FSU a lui-même déposé un préavis de grève pour couvrir les collègues qui choisiraient collectivement cette modalité d’action. Il est aussi possible d'assortir la menace collective de grève d'une demande de maintien des cours des intéressé(e)s ces jours-là. Cette option rencontre en général du succès auprès des parents d’élèves préalablement avisés.

Communiqué intégral de l'Intersyndicale

Dernier développement : Tract intersyndical (novembre 2015)

Voir également : Sur la réunionite et les formations-formatage

2- L'APPROPRIATION COLLECTIVE DES STAGES

Si le degré de mobilisation locale est moindre et/ou que les véritables enjeux de cette réforme nécessitent encore débat avec les collègues, d'autres actions, toujours collectives, peuvent également contribuer, à l'occasion des stages imposés, au retrait de cette réforme. Elles doivent avoir pour but de s'approprier le stage et de ne pas laisser libre cours à la hiérarchie...

Une déclinaison possible en est la suivante : Se rendre à la formation collectivement et y poser les questions les plus dérangeantes possibles, a minima sur la gestion des moyens de la DHG à la prochaine rentrée, la situation des professeurs de lettres classiques et des professeurs d'allemand comme des élèves directement concernés, la faisabilité même des sous-produits de cette réforme (l’« usine à gaz » déjà dénoncée par nombre d’intellectuels et professionnels de l’éducation, et pour partie par le SNPDEN lui-même).

Si le rapport de force le permet dans le stage, on se l'approprie de la sorte en y multipliant les questions précises et embarrassantes pour, notamment, montrer à tous les collègues que les EPI et l’AP seront bien pris sur les horaires disciplinaires, que le contenu des EPI ne peut pas s’anticiper avant d’avoir pris connaissance des programmes qui ne sont pas encore officiels, que les horaires des élèves peuvent être adaptés localement, que les programmes s’appliqueront simultanément les quatre années du collège à la rentrée 2016. En contrecarrant le discours officiel, on les informe également des conséquences en terme de charge de travail mais aussi de compléments de service, voire de suppressions de postes, qu’engendrerait la mise en place de la réforme, en particulier en langues vivantes et en langues anciennes, dans chaque établissement. On y pose toutes les questions qui permettent d’éclairer les collègues pas encore au fait des implications de la réforme et on leur remet le tract intersyndical.

Voir Témoignages sur notre site national

Le décalogue de questions embarrassantes de notre bulletin académique. Il pourra vous être très utile pour ne pas vous retrouver en situation de simples spectateurs des discours et diaporamas institutionnels déployés devant vous, et porter utilement la contradiction devant vos "conformateurs" en appuyant là où ça fait mal, c'est-à-dire dans le "dur" de la réforme du collège : implications dans la (dés)organisation locale, conséquences concrètes pour l'établissement, son public et ses personnels !

C'est dans ces deux cas que le soutien et le relais des militants des sections départementales et académique du SNES pourra s'avérer le plus efficace et utile. Les responsables des sections d'établissement pourront utiliser la liste de diffusion S1 (mail) pour informer en temps réel ces militants et les autres établissements des modalités locales retenues pour résister aux formations imposées.

Attention donc au refus individuel isolé. Il n'est pas sans risques à assumer.

PREFERER TOUTE ACTION COLLECTIVE, MEME DE SIMPLE RESISTANCE PASSIVE LORS DES "STAGES".