Stop aux E3C !

STOP AUX E3C ! 

L'obstination du ministère à vouloir maintenir coûte que coûte les Épreuves Communes de Contrôle Continu du Baccalauréat (E3C) malgré la demande unanime des organisations syndicales, à l'initiative du SNES-FSU, a conduit au désastre que tout le monde a pu constater : épreuves maintenues dans des conditions déplorables (pressions sur les enseignants et les élèves pour les organiser à tout prix quitte à s'éloigner de la légalité, recours pour les surveillance à des personnels retraités, des administratifs, des AED, pour la plupart non formés à l'exercice, trop peu de surveillants dans une classe, coupure des systèmes d'alarme incendie pendant les épreuves, sujets présentant des erreurs et parfois différents au sein d'un même établissement, intimidations et violences envers les opposants, y compris les élèves manifestant pacifiquement devant leur établissement, épreuves annulées et reportées en raison de mobilisations locales.

De nombreux collègues, ont répondu à l'appel du SNES-FSU de dénoncer ce simulacre d'épreuves et de demander le rétablissement d'épreuves terminales : des collègues se sont mis en grève lors des surveillances, d'autres ont manifesté ou distribué des tracts devant leur lycée ; les élèves eux-mêmes ont parfois empêché la tenue de ces épreuves (ou refusé de composer). La bataille de la communication est gagnée !

Qu'il s'agisse des médias (où le SNES-FSU a largement été entendu), ou du ministère (comité de suivi), plus personne, maintenant, n'ose dire qu'avec ces E3C, tout va bien. Qui veut encore des E3C ?

Toutes les organisations syndicales ont demandé l’annulation de cette session. Le ministre, en refusant cette solution de sagesse, précipite toute la communauté éducative dans une crise grave. Le SNES-FSU appelle donc le ministère à prendre ses responsabilités et sortir de l'impasse.

Que faire pour les corrections ?

En attendant, les copies sont là, plus ou moins bien numérisées, et l'ordre de mission de correction doit figurer dans Imag'in pour être effectif. 

Ce qui est prévu en terme d'indemnité est une baisse de rémunération puisqu'il s'agit pour l'instant, de modifier le décret de 2012 (5 euros par copie) afin qu'il ne s'applique qu'aux épreuves terminales et de nous payer grassement 50 euros par lot (dont la taille n'est pas spécifiée, le chef d'établissement ayant tout loisir de constituer les lots comme il le souhaite) pour les E3C. Il est prévu aussi 500 euros pour les chefs d'établissement ; il serait donc normal que nous en fassions 10 fois moins.

Ce qui est inacceptable et doit être dénoncé :

- Des lots de quantités variables selon les disciplines et les épreuves ; il est possible de diviser des lots. Il faut rechercher l'équité entre les correcteurs.

- L'absence de banalisation de temps de choix des sujets, de correction et d'harmonisation : certains lycées de notre académie ont obtenu quelques heures banalisées, mais c'est loin d'être égalitaire et suffisant.

- l'absence de prise en compte des problèmes matériels et de santé liés à la dématérialisation des copies. L'employeur doit fournir l'outil de travail et protéger la santé des salariés. Il faut donc signaler par écrit à votre chef d'établissement et au rectorat tout problème (pas d'ordinateur dédié, problème de connexion, problème de vue etc...). Le RSST (registre santé et sécurité au travail) doit être rempli, pour laisser une trace, sans oublier de faire des suggestions de solutions : mise à disposition de matériel informatique, retour à des épreuves terminales, correction des copies sur papier, refus du contrôle continu etc...  Le chef d'établissement et l’administration se doivent de répondre à tous les problèmes mentionnés dans ce registre. N'oubliez pas de nous faire remonter des copies des pages de ces registres afin que nous les portions à la connaissance de notre administration.

- l’absurdité écologique de la dématérialisation car toutes les étapes du processus de numération sont énergivores.

Ni les élèves, ni les collègues ne doivent être les victimes de ces épreuves !

- A l'impossible nul n'est tenu ! Ces épreuves mettent à mal notre éthique professionnelle : corriger des copies dont les élèves connaissaient le sujet ou à l'inverse n’y étaient pas préparés, donner des notes qui seront revues en commission d'harmonisation en l'absence des correcteurs, annoter de manière précise et circonstanciée des copies en vue d'une restitution au mieux 2 mois plus tard aux élèves, utiliser de manière formative ces évaluations avec nos élèves sans les avoir corrigées ni lues ... tout cela heurte notre professionnalité. On peut l'écrire dans le RSST (cf. ci-dessus) et aussi refuser de jouer la comédie en réduisant les appréciations au minimum ("vu", "lu" etc.). Et comme nous le faisions sur les copies papiers, nous pouvons attendre d'avoir corrigé le lot entier pour faire figurer les notes définitives afin de mieux les harmoniser. Tout cela doit être décidé collectivement si possible. 

- Il faut continuer à dénoncer cette mascarade en CA, auprès des élus locaux (que nous pouvons rencontrer dans leurs permanences) ou par tout autre moyen.

Et lorsque l'on tombe malade ?

Les collègues sont épuisés par la réforme du lycée et les arrêts se multiplient. Avec les épreuves terminales, un volet d'examinateurs était en réserve et permettait de remplacer les absents. Qu'a prévu le rectorat ?  Un collègue malade n'a pas à se voir attribuer des copies ; mais ce n'est pas aux autres collègues d'éponger les lots restants. Il faut systématiquement demander au chef d'établissement d'appeler le rectorat si la situation se présente. 

N'hésitez pas à faire remonter tout problème ou toute question à votre section académique : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. tout comme à votre section départementale : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (remplacer XX par votre numéro de département)

Bon courage dans cette période où nos métiers sont bien maltraités.

Voir également :

Outils pour le refus des E3C

Communiqué de presse intersyndical sur les E3C

La section académique de Nantes a déposé un préavis de grève du lundi 20 janvier 2020, 8 heures au vendredi 13 mars 2020, 18h afin de couvrir toutes les actions mises en œuvre dans les établissements. Le recours à la grève demeure, pour ceux et celles qui en feront usage en application du préavis déposé, le seul moyen d'action qui n'expose pas à la faute professionnelle (et donc à une absence de sanction et d'incidence sur la carrière), malgré son risque financier. Le ministre ne pourra d'ailleurs pas jouer le pourrissement si la grève est massive. Des cagnottes spécifiques pourront aussi être mises en place pour viser à une solidarité locale entre tous les personnels enseignants de l'établissement, et pas seulement les concerné-es à un titre ou un autre par les E3C, pendant le temps de cette action.